La place des maladies mentales dans notre société

A notre époque de nombreux dangers sanitaires pèsent sur le monde, après les maladies sans frontière, après la fièvre Ebola, les campagnes de vaccination, les bactéries versus les antibiotiques. Aujourd’hui nous proposons d’étudier la place des maladies mentales dans nos sociétés postmodernes, nous nous intéresserons tout particulièrement à la dépression, à l’anxiété et à la mondialisation des troubles mentaux. Pour notre article, nous nous appuierons sur l’émission proposée par France Culture, « Les sociétés au défi des maladies sans frontières, dépression, anxiété, la mondialisation des troubles mentaux ».

La dépression des années 60-70

La dépression est un bon exemple de marketing d’une maladie, dans les années 60-70 l’anxiété et la dépression était un diagnostique très répandu, la famille de médicaments pour traiter ces troubles étaient des médicaments nommés les anxiolytiques. Aux USA, les publicités diffusées sur les maladies mentales dans les médias grands publics et dans le monde étaient très agressives. En affirmant que les individus étaient considérés comme anormalement timides, anormalement anxieux, la psychiatrie de l’époque incita les usagers à recourir massivement aux solutions chimiques.

dépression traitementAujourd’hui, nous constatons que la dépression est devenue un terme fortement repris dans les médias et dans la publicité. Sur Internet, nous voyons fleurir des sites de vente de médicaments et de produits de soins et beauté parapharmaceutiques. Par exemple, ce site de parapharmacie encourage la prise de compléments alimentaires pour lutter contre la dépression et les symptômes anxieux associés.

Ces solutions soulignent implicitement que la dépression est un déséquilibre biologique qui peut être solutionné avec la prise de stimulants afin de renforcer nos défenses naturelles. La dimension psychologique de la dépression et des troubles anxieux est oubliée, alors qu’elle nécessite également une prise en charge sous la forme d’une psychothérapie. La dépression nécessite également l’avis d’un médecin et si nécessaire la mise en place d’un traitement médicamenteux sérieux et adapté à la souffrance du patient.

 

La dépression à l’épreuve de la mondialisation

La norme en psychiatrie est un enjeu économique colossal, si les seuils d’inclusion sont changés il est possible de faire entrer des centaines de milliers de personnes dans la pathologie, convertissant les maladies en des potentiels clients pour l’industrie pharmaceutique. Nous comprenons facilement que ces troubles mentaux, en particulier les dépressions, ont subi aussi la mondialisation, avec une évolution des normes afin d’obtenir de nouveaux profils pour les laboratoires pharmaceutiques. Voila ce que nous proposons de mettre en avant pour expliquer la mondialisation des troubles mentaux et de la dépression.

dépression traitementSelon un rapport de l’OMS paru en 2012, 350 millions de personnes souffriraient de dépression dans le monde, soit à peu près 5 % de la population mondiale. La dépression est un terme générique qui cache des réalités extrêmement diverses selon les individus mais aussi selon les cultures.

Le ressenti du mal être, le spleen, la mélancolie varie d’une culture à l’autre. Un Nigérien peut souffrir d’une dépression propre à sa culture qu’il décrira comme une brûlure à la tête, alors qu’un paysan chinois parlera d’une douleur à l’épaule ou à l’estomac. Chaque société et chaque culture a sa façon d’exprimer la souffrance psychique.

Et pourtant nous assistons à une uniformisation croissante des troubles mentaux. La psychiatrie impose de plus en plus son répertoire de symptômes et les traitements correspondant à ce fameux DSM V (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) publié par la société américaine de psychiatrie.

A propos de l’auteur de cet article

Olivier BEUZON, psychologue et psychothérapeute à Villeurbanne et Lyon. Son cabinet de psychologie se situe cours Tolstoï, à deux pas du 3ème et du 6ème arrondissement de Lyon. Il reçoit en consultation individuelle des adolescents et des adultes.