Définition de la souffrance psychique

L’existence de l’être humain est parsemée d’expériences heureuses et malheureuses, vivre c’est rechercher le bonheur sous toutes ses formes mais c’est également ressentir toutes sortes de souffrances physiques et psychologiques. Des souffrancesliées à des situations de perte (perte d’un proche, perte d’un travail, perte de ses capacités), des désillusions (prendre conscience de ses limites et de son environnement), des séparations, des sacrifices et des renoncements.

bonheur-vivre-vie-L-cNDsViLa souffrance limite notre bonheur et nous oblige à entreprendre un travail de démolition, souffrir c’est prendre conscience que l’adversité est plus forte que notre désir et notre puissance d’action. Elle nous contraint à reconnaître nos limites et celles de notre environnement, elle nous oblige à questionner ce qui n’a pas fonctionné pour nous et ce que nous recherchons dans la vie.

Ainsi, lorsque la souffrance est éprouvée par petites doses elle génère une dynamique nouvelle de reconstruction de nos représentations et permet de rétablir de nouveaux liens à soi et à autrui.

Dans son article « Sens ou non-sens de la souffrance » (1993) B. Vergely dit que « La vie qui souffre est une vie qui a besoin de refaire le lien entre le sujet et la vie ».

Une souffrance qui n’est plus tolérée

Mais le problème est de savoir jusqu’à quel point la souffrance n’est plus tolérée par l’être humain et ne propose plus d’expériences épanouissantes. La psychologie et plus précisément la psychopathologie s’intéresse à la souffrance psychique lorsqu’elle n’est plus supportée par l’individu et vient déborder sa capacité de traitement et de transformation.

« La souffrance psychique est liée à tout ce qui échappe au processus de symbolisation subjectivante, qui est en attente de symbolisation et reste d’une certaine façon bloqué immobilisé et sans adresse […] »

(Manuel de psychologie et de psychopathologie clinique générale, 2014, p. 194)

« Nous souffrons de ce qui est bloqué psychiquement ou en attente d’inscription psychique. L’être humain ne souffre pas seulement à cause des événements, ou à cause de certaines pensées, mais parce que certains processus en lui n’ont pas trouvé de miroir, d’écho, d’écoute, de réceptacle et restent ainsi en errance »

Le traumatisme

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Autrement dit, une souffrance psychique qui n’a pas été suffisamment digérée dans la psyché de l’individu peut prendre le statut de traumatisme. Rappelons à ce sujet que le traumatisme est une souffrance non reconnue et non acceptée, qui se répète dans l’histoire singulière de l’individu.

Dans ces conditions, il est préférable de recourir au soutien d’un psychologue qui mettra en œuvre un dispositif de soins de psychothérapie, soit un espace adapté et sécurisé dans lequel la personne pourra exprimer « les traces conservées en elle des expériences non ou insuffisamment intégrées » (2014). Avec l’aide du psychologue, les expériences traumatiques, qui étaient jusqu’à maintenant rejetées, pourront progressivement se réactualiser retrouver une place dans l’histoire singulière de l’individu.

A propos de l’auteur de cet article

Olivier BEUZON, psychologue et psychothérapeute à Villeurbanne et Lyon. Son cabinet de psychologie se situe cours Tolstoï, à deux pas du 3ème et du 6ème arrondissement de Lyon. Il reçoit en consultation individuelle des adolescents et des adultes.